À Estrée-Wamin, à l’extrême ouest du Pays d’Artois, Véronique et David Hughes m’ont fait vivre une expérience inoubliable : la pratique de la pêche à la mouche au lieu dit de la « Cascade ». Un retour aux sources au milieu d’une nature préservée.

Le seul « Fly fishing » de la région

Si le mot cascade évoque généralement le tumulte, celle d’Estrée-Wamin agit comme un décontractant.

Assoupi dans le repli d’une colline, protégé par une nature affable, le site est le refuge des pics-verts, des canards plongeurs mais aussi d’une espèce très rare en région : le pêcheur à la mouche. C’est d’ailleurs la raison de ma venue dans ce pays de cocagne.

Je suis accueilli par Véronique et David Hughes. Originaire d’Angleterre, le couple habite ce lieu magique – trois hectares de nature préservée dont un étang de 4 500 m² – et lui donne une saveur unique en proposant le « fly fishing », « une discipline très répandue outre-Manche », indique David avant d’ouvrir devant mes yeux ébahis une mallette aux mille couleurs. « Ce sont les leurres qui correspondent à ce que voit la truite quand elle se trouve sous la surface de l’eau. C’est un poisson intelligent. Il faut savoir l’appâter. Allons-y ! »

Pratiquer la pêche « no kill »

Il ne faut pas de tenue particulière pour pêcher à la mouche sinon une bonne paire de chaussures et du matériel adéquat.

À la Cascade, on vous prête tout : canne, moulinet, fil, pince coupante et les mouches que David épingle sur sa veste-gilet comme des médailles militaires. Pendant une heure, j’apprends les règles d’or dans un champ d’herbes folles : comment tenir la canne, comment accrocher le leurre, comment le lancer d’un geste souple et sûr. Puis vient la pratique à même l’étang. Les premiers pas sont un peu chaotiques, physiques même.

Mes bras fatiguent. « La pêche à la mouche est un sport. On ne s’assied pas, on change souvent d’emplacement. On va à la truite et non l’inverse », souligne mon prof. C’est ce que nous faisons en bondissant de spot à spot. Soudain, une truite jaillit. « Une parmi des dizaines qui se nourrissent de larves, de têtards de crapauds et d’écrevisses. Ici on pratique le no kill. On prend la truite et on la remet à l’eau. Certaines atteignent six kilos. »

Un moment magique durant lequel tout s’arrête sauf le chant des oiseaux et le pas tranquille des chevaux qui empruntent le chemin en bordure du domaine. Architecte de profession, David a passé sa vie à dessiner des plans, à concevoir des bâtiments dans des zones surpeuplées.

« On ne vient pas que pour pêcher ici. Certains se ressourcent sans rien faire. » Pour que la parenthèse ne s’arrête jamais, les Hughes ont ouvert un bar dans l’esprit club britannique (fauteuils clubs, coin lecture) ainsi qu’un restaurant dont l’arrière-salle enjambe un ruisseau qui se jette un peu plus loin dans la Canche. Ils ont aussi aménagé des chambres à même le site pour prolonger les vacances. On peut alors parler de bonheur en cascade.

La cascade, en pratique