A 10 minutes au nord d’Arras, Neuville-Saint-Vaast se visite comme un livre ouvert sur la Première Guerre mondiale. Situé sur la ligne de front, proche de la crête de Vimy et sur lequel fut érigé le Mémorial Canadien connu du monde entier, le village a su renaître de ces cendres. Il est riche des sites de mémoire incontournables et d’un patrimoine Art Déco unique.

Occupé dès 1914 par les Allemands, Neuville-Saint-Vaast est repris rue après rue par l’armée française entre mai et juin 1915. Le village reste en première ligne jusqu’au 9 avril 1917, lorsque les Canadiens s’élancent du village à l’assaut de la Crête de Vimy.

Premières étapes, le Monument des Fraternisations, le Timescope et la Nécropole nationale française de la Targette, route de Maroeuil. Cette dernière regroupe 8 000 tombes et 4 000 corps. Un peu plus loin, le cimetière allemand de la Maison Blanche est le plus important de France avec près de 45 000 soldats tombés lors des combats d’Artois !

Au carrefour de la mémoire

Direction le Flambeau de la Mémoire, un monument impressionnant, situé en face du Musée militaire de la Targette (privé, ce musée se visite).

Cette sculpture n’est pas sans rappeler la Statue de la Liberté, avec cette grande main brandissant une flamme. C’est celle d’un soldat qui, avant de mourir, transmet symboliquement aux générations futures le flambeau de la paix. Inaugurée en 1932, elle est construite sur des ruines du village, et en célèbre la renaissance.

Sur les traces d’Ernest Petit

Cette œuvre très contemporaine pour l’époque marque aussi l’entrée de la Cité des Mutilés, l’œuvre d’Ernest Petit, un Neuvillois philanthrope.

Ce fils du notaire du village, pourtant exempté de guerre, décide de s’engager dans le combat. Gravement blessé mais sauvé de l’amputation, il consacrera sa vie aux anciens combattants et à la reconstruction de son village. Il est inhumé dans le cimetière communal, route de Thélus.

La Cité des Mutilés

Le long de la rue du 11 novembre 1918, 11 pavillons et villas à l’architecture typique Art déco, forment un lotissement où logeaient des soldats mutilés et leurs familles, employés dans les cimetières militaires.

La cité des mutilés après la guerre (collection privée)

Chaque maison porte le nom d’un haut gradé qui a combattu en Artois, sauf une. Saurez-vous la retrouver ? Indice : un journal clandestin de Roubaix ! A vous de jouer !

L’écrivain a combattu ici et raconte, dans son récit Les Croix de Bois, les scènes apocalyptiques vécues dans les tombes du cimetière communal. La mairie, la salle des fêtes, les deux écoles : tout ici respire l’Art déco ! La reconstruction a permis la modernisation du village, qui renait de ses cendres dès 1921.

Devinette au Monument aux Morts

Regardez bien le Monument aux Morts, de facture très classique, avec ce poilu combattant au regard effrayé. Aujourd’hui il manque un élément à la composition originelle : un casque allemand , symbole de défaite, qui aurait été détruit pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le monument aux morts durant l’entre deux guerres

Pour la petite histoire, vous vous trouvez dans le village natal de l’un des inventeurs de cette technique : François Hennebique, né en 1842 ! Comme beaucoup d’églises artésiennes reconstruites, elle s’inspire de l’architecture gothique mais avec une modernité stupéfiante. Les abat-sons à l’extérieur, les ferronneries Art Déco, les vitraux historiés et stylisés dont ce Christ bénissant un soldat, et cet autel frappé des noms des morts de la commune : c’est un vrai chef-d’œuvre, facilement accessible car faisant partie du réseau « Eglises Ouvertes ».

Neuville-Saint-Vaast en pratique :