Mont-Saint-Eloi est un des 8 villages du Pays d’Artois labellisé Villages Patrimoine©. À 10 minutes d’Arras, perché sur une colline, Mont-Saint-Eloi est bien connu pour les deux tours en ruines de son abbaye, qui dominent toute la plaine. Mais c’est aussi un spot de nature très apprécié, entouré de bois et de petits trésors du patrimoine à découvrir au fil de nombreuses randonnées.

Un village perché

Le charme opère instantanément lorsque l’on « monte » à Mont-Saint-Eloi.

Des petites rues bordées de fermes et de belles maisons construites avec les pierres blanches, provenant des ruines de l’abbaye, emmènent à 136 mètres de hauteur. Laissez votre voiture sur le parking. Une vaste esplanade bordée de grands arbres offre un panorama splendide sur toute la vallée de la Scarpe et la plaine de l’Artois. Au loin, on distingue l’église d’Ecoivres (un hameau de Mont-Saint-Eloi) et sa flèche à crochets. Un peu plus à droite, les Pierres Jumelles d’Acq, puis le bois d’Ecoivres, qui raconte la naissance de l’abbaye.

Ce disciple de saint Eloi, évangélisateur du territoire, était l’évêque de Cambrai et d’Arras. Pour conserver ses reliques miraculeuses, un premier monastère fut édifié sur le mont, puis agrandi pour devenir une immense abbaye au XIe siècle, dont le rayonnement s’étendait à tout le Pays d’Artois. Vendue comme bien national à la Révolution, l’abbaye est transformée en carrière de pierres et littéralement pillée au XIXe siècle.

Lieu de mémoire

Les hautes tours de l’abbaye, sauvées du dépeçage, sont classées Monuments Historiques en 1921.

Elles atteignaient autrefois 53 mètres de hauteur ! Poste d’observation stratégique durant la Première Guerre mondiale, elles sont pilonnées par des tirs d’artillerie allemands, qui l’amputent d’un étage. Le village est occupé par les troupes alliées pour préparer les assauts de Lorette et de Vimy en 1915 et pour assurer la défense de la ville d’Arras en 1940. Au pied du village, la ferme de Berthonval servit de base arrière

Célèbres morts pour la patrie

Lorsque que vous vous trouvez au centre du village, une plaque commémorative va vous interpeller. Elle est dédiée à la mémoire de François Faber, un coureur cycliste luxembourgeois, vainqueur du Tour de France en 1909.

Le 9 mai 1915 son régiment participe à la seconde Bataille d’Artois. Leur point de départ est le secteur de Berthonval à Mont-Saint-Eloi, leur objectif : la côte 140 sur la Crête de Vimy via les ouvrages blancs (fortifications allemandes situées à Neuville-Saint-Vaast).

Il décède lors de cet assaut et on ne retrouvera jamais son corps. Si les chemins de mémoire vous passionnent, arrêtez-vous à droite de l’abbaye, où un monument près du cimetière communal rend hommage à 57 soldats du 4e régiment de Dragons Portés, tués en tentant de stopper l’invasion allemande de 1940. Un peu plus bas, au hameau d’Ecoivres, un cimetière militaire regroupe 2400 soldats décédés pendant la Première Guerre mondiale. Un écrivain américain francophile, Kenneth Weeks, engagé dans la Légion étrangère, repose quant à lui dans le cimetière communal.

Au pied du mont, la craie affleure encore, protégée par une épaisse couche de grès. Vous êtes au cœur des strates géologiques de l’Artois, formées il y a 90 millions d’années !

Mont-Saint-Eloi en pratique

  • Site en accès libre avec panneaux d’interprétation sur place. Le circuit Village Patrimoine© permet de découvrir 6 points d’intérêt majeurs.
  • Où se restaurer: La Table des Tours, au cœur du village. Ouvert en 2017, ce restaurant de 40 couverts agréable vous régalera de bons petits plats aux saveurs locales ! Les pèlerins peuvent y faire tamponner leur crédential. Informations touristiques à disposition toute l’année. 03 21 22 31 80
  • À voir : le son et lumières « Souvenir d’un Grand Duc, de Tour en Tour », tous les ans au mois de septembre.