Descendre dans le Mémorial de la Bataille d’Arras casqué comme un « Tommie » est une expérience inoubliable. Cent ans plus tard, les voûtes de la Carrière Wellington résonnent encore des coups de pioches des tunneliers néo-zélandais et du rire des soldats britanniques. À vingt mètres sous terre, j’ai découvert une ville sous la ville. Avant de ressentir une montée d’adrénaline comme si, à mon tour, j’allais entrer dans l’Histoire.

De solides « N-Z » qui creusèrent les huit kilomètres de galerie de la Carrière Wellington entre octobre 1916 et mars 1917. Ils me regardent, fiers. Me parlent aussi dans le creux de l’oreille. En effet, tandis que j’emprunte l’entrée en pente douce du Mémorial, d’authentiques lectures de journaux de guerre m’envahissent. Ensuite, tout s’accélère : j’enfile mon casque de Tommies et prends un audio-guide comme unique barda. En quelques secondes, me voilà téléporté en avril 1917 !  »

Une immersion 20 mètres sous-terre

Une ville dévastée par les bombes. Ma première vision est terrible : Arras sous les décombres

Seuls les aboiements transpercent la fureur du ciel. La lumière serait-elle ailleurs ? Ma réponse arrive vingt mètres plus bas quand l’ascenseur débouche sur le blanc craie de la Carrière Wellington. Il fait 11°, l’humidité plafonne mais quelques notes de piano, des paroles, puis des chants me réchauffent vite. Le platelage en bois guide mes pas, les lumières tamisées dirigent mon regard vers des graffitis d’époque et des images d’archive me plongent dans la Bataille d’Arras comme si j’y étais. Cent ans plus tard, les traces de la Bataille d’Arras sont palpables sur tout le territoire grâce aux Chemins de mémoire.

Grâce à la discipline of course ! Les moindres recoins de la Carrière Wellington sont optimisés pour la vie quotidienne : douches, salle des transmissions, bureau des officiers. Il y a même un endroit où sont stockées les vraies pioches qui ont servi à réaliser les tunnels. Il y aussi le pilier 5 E où s’est tenue l’ultime prière avant l’assaut. Et l’escalier de la sortie n°10 d’où jaillirent les troupes le 9 avril 1917 à 5 h 30.

Carrière Wellington en pratique

  • Carrière Wellington, Rue Arthur Delétoille à Arras.
  • www.carrierewellington.com .
  • Durée de la visite : 1 heure. 17 pers. max par visite. Se renseigner sur les départs par téléphone au 03.21.51.26.95.
  • Prévoir un vêtement chaud et des chaussures adaptées. Déconseillé aux personnes souffrant de claustrophobie. Accessible aux personnes à mobilité réduite.
  • Tarifs : 7,20 € / 3,50 € (enfants de 6 à 18 ans et étudiants).
  • Fermé le 25 décembre, le 1er janvier et les quatre semaines après les vacances de Noël.
  • Ouvert toute l’année de 10 h à 12 h 30 et de 13 h 30 à 18 h